Le malheur de Madame Bovary ce n’est pas son imagination mais Flaubert (à la manière de Franz K.)

Point de métaphore dans La Métamorphose puisque que le texte lui-même en son entier est la mise en forme d'une métaphore, puisqu'il s'agit pour Kafka de prendre l'image au mot.

Et ce fut pour eux comme une confirmation de leurs nouveaux rêves et de leurs beaux projets quand, au moment d'arriver, leur fille se leva la première et déploya son jeune corps. (La Métamorphose, 1912).
Quand à la cage, on y fit entrer une jeune panthère (...) ce noble corps qui possédait en lui-même, presque jusqu'à l'excès, tout ce qui lui était nécessaire, semblait transporter aussi sa liberté avec lui...(Un artiste du jeûne, 1924).
Dernières lignes. Triomphe de la vie.
D'un coté, le retour à la vie normale dans La Métamorphose est associé à une écriture fonctionnelle (Ils s'assirent donc à une table et écrivirent trois lettres d'excuses : M. Samsa à sa Direction, Mme Samsa à son Patron, et Gretel à son Chef) et de soumission. De l'autre, le caractère absolu de l'œuvre de l'artiste du jeûne, son refus de la vie au nom de son art, conduit à son auto-dissolution et au bout du compte à sa perte. (« Débarrassez-moi un peu tout ça ! » dit le surveillant, et l'on enterra l'artiste du jeûne avec la paille).
Échec de l'écriture.

Récit fascinant, en ce qu'il ne nous fournit aucune explication de type psychologique ou morale, que celui du lévite d'Ephraïm, (Juges (19-21). Le texte marqua Rousseau au point qu'il en donna en 1762 sa propre version.
Histoire d'un homme qui sur le chemin qui le ramène chez lui, - il est parti récupérer sa concubine, après avoir été quitté, chez le père de cette dernière -, trouve l'hospitalité dans le village de Guibéa. Au cours de la nuit, la maison qui l'abrite est assiégée par un groupe d'hommes de la tribu de Benjamin qui cherchent à le violer. Le maître de la maison propose alors de leur donner sa fille vierge et la femme du lévite. Après des tergiversations, le lévite (ou son hôte) saisit la concubine, la livre aux hommes qui s'en amusèrent toute la nuit. Au matin alors que le lévite s'apprête à partir, il aperçoit la femme qui git sur le seuil de la porte. Il lui ordonne de se lever, elle ne peut le faire, la prend et la ramène chez lui. A son arrivée, il prend un coutelas, saisit sa concubine et la morcelle, suivant ses os en douze morceaux qu'il envoie par la suite aux douze tribus d'Israël (y compris la tribu de Benjamin) afin de réclamer vengeance. S'ensuit une guerre opposant l'ensemble des tribus à la tribu de Benjamin qu'elle finira par perdre. Menacée d'extinction (les hommes d'Israël avaient juré par serment de ne pas donner leurs filles pour femme à un membre de la tribu), il sera alors donné aux Benjaminites les femmes de Yabech auprès desquelles il a été opéré une razzia ainsi que les filles de Silo qu'ils ont été autorisés à enlever. Saül, premier roi d'Israël, descendra de ces hommes.
Au corps démembré de la femme, paradoxalement le texte ne lui donne véritablement un corps qu'au moment de son viol (et au début de l'histoire pour expliquer son départ : sa concubine putasse contre lui dans la traduction de Chouraqui) et de son dépeçage, au corps démembré se superpose donc la dislocation sociale (En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon).
A l'origine de l'ordre, la violence sexuelle.

N'empêche : quand je lis (...) dans Balzac : « Elle avait ce pas léger qui est propre à toutes les Parisiennes entre 10 heures et 10 h 1/4 du matin... » - la niaiserie du propos - (...) toutes les Parisiennes à la même heure exactement ! - me fait tomber le livre des mains (après quoi il est vrai je le reprends et recommence à le dévorer). (Marthe Robert, Livre de lectures).
La chose était il est vrai fort niaise mais d'où pouvait provenir cette citation ?
Une recherche me renvoya à Max Brod !

Il n'existe pas de contraste plus frappant que la fausse exactitude de Balzac, ses superlatifs, et ses généralisations (ceci par exemple : « Elle avait ce pas léger qui est propre à toutes les Parisiennes entre 10 heures et 10 h 1/4 du matin.») Max Brod, Franz Kafka.

Aucune trace, à ma connaissance, d'une telle citation dans l'œuvre de Balzac. Marthe Robert, spécialiste de Kafka, avait lu la phrase dans le livre de Brod et l'avait mise en scène afin de créer l'illusion.
Reste à savoir où M. Brod l'avait lue, ou plutôt, comme je le pense en l'état de mes investigations, comment il en était arrivé à l'imaginer (parodie ?).