Ce matin sur France Inter promo pour LE FILM.

L'animateur : Vous parlez de dialogue platonicien...en voilà un.
Suit un extrait DU FILM.
Voix d'une jeune fille à l'accent banlieusard : ...Ya La République...le livre de La République.
Voix du professeur : La République de Platon.
La jeune fille : Mouais.
Le professeur : Mais alors quelle genre de question il pose...sur quels sujets ?
La jeune fille : Sur tout...sur l'amour...sur la religion...sur dieu...sur les gens...sur tout.
Le professeur : C'est très bien que tu aies lu ça.
La jeune fille : Ouais je sais...c'est pas un livre de pétasse...hein.
Fin de l'extrait.
L'animateur intervient : Ça c'est une des très belles scènes du film...C'est un aspect positif de la relation de Bégaudeau à ses élèves, en tout cas du professeur qu'il incarne à ses élèves parce qu'il reussit à transmettre des choses mais peu de choses. Quand il essaye de transmettre la langue française, le langage soutenu, la langue classique, là il se heurte à des murs...

Personne (ni le professeur, ni les journalistes) ne semble trouver curieux qu'une jeune fille de 14/15 ans, en classe de quatrième, qui éprouve des difficultés à maîtriser la langue française ait lu un ouvrage particulièrement complexe de l'histoire de la philosophie, d'autant que les thèmes énoncés ne figurent pas dans La République. Peu importe qu'elle ait lu ou pas ce livre, qu'elle l'ait compris ou pas puisque seul compte le dire, l'énergie mise à dire. Tout le monde fera alors semblant, en toute bonne conscience. Sont-ils pas formidables ces jeunes ?
Mais il est vrai que pour Jean Luc Douin, journaliste au Monde, La République est un bouquin de...Socrate.