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  <title>Ruines circulaires</title>
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  <tagline type="text/plain" mode="escaped">Le Zèbre est peut-être de tous les animaux quadrupèdes le mieux fait et le plus élégamment vêtu.</tagline>
  
  <modified>2013-04-18T10:23:01+02:00</modified>
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  <title>Soir.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2013/04/18/590-soir" />
  <issued>2013-04-18T10:23:01+02:00</issued>
  <modified>2013-04-18T10:23:01+02:00</modified>
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  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Hier soir, un peu avant 11 heures, je prends le lecteur MP3 radio et sors le chien. Sur France Culture, Laure Adler interroge Clément Rosset. L'émission tire à sa fin et l'on entend les voix de Louis Althusser et de Jankélévitch. La température est idéale, je m'assieds sur les marches du perron. A...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://4.bp.blogspot.com/_ydWfwG1ZSs4/SwADNRtMjRI/AAAAAAAAAHc/UKqWu1edjJU/s320/The+night+of+the+hunter+plan+17+shot+17.png&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Hier soir, un peu avant 11 heures, je prends le lecteur MP3 radio et sors le chien. Sur France Culture, Laure Adler interroge Clément Rosset. L'émission tire à sa fin et l'on entend les voix de Louis Althusser et de Jankélévitch. La température est idéale, je m'assieds sur les marches du perron. A la fin de l'entretien, un moment troublant&amp;nbsp;: Rosset oublie le titre de l'un de ses propres ouvrages dont il nous dit qu'il est l'un de ses préférés, un essai sur la joie précise-t-il. Laure Adler lui suggère: La Force majeure. C'est cela. Me revient à la mémoire la formule de Chateaubriand&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La vieillesse est une voyageuse de nuit&amp;nbsp;». Le chien s'approche, nous remontons.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
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  <title>Fétichisme.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2013/03/09/589-fetichisme" />
  <issued>2013-03-09T17:05:10+01:00</issued>
  <modified>2013-03-09T17:05:10+01:00</modified>
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  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>François Boucher, Étude de pied de l'Odalisque blonde, 1752.



La première rencontre.
...sous le dernier volant de sa robe, son pied passait dans une mince bottine en soie, de couleur marron...
La dernière rencontre.
 Leurs mains se serrèrent ; la pointe de sa bottine s’avançait un peu...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://24.media.tumblr.com/325872f660b79379f5dde55c332893aa/tumblr_mgjayen97b1rvk1pio1_1280.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
François Boucher, &lt;em&gt;Étude de pied de l'Odalisque blonde&lt;/em&gt;, 1752.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première rencontre.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;...sous le dernier volant de sa robe, son pied passait dans une mince bottine en soie, de couleur marron...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
La dernière rencontre.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt; Leurs mains se serrèrent&amp;nbsp;; la pointe de sa bottine s&amp;#8217;avançait un peu sous sa robe, et il lui dit, presque défaillant :&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&amp;#8212; La vue de votre pied me trouble.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Flaubert, &lt;em&gt;L' Éducation sentimentale.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A LOUISE COLET&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Croisset, mardi soir, minuit. 4-5 août 1846.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Il y a douze heures, nous étions encore ensemble&amp;nbsp;; hier à cette heure-ci, je te tenais dans mes bras... t'en souviens-tu&amp;nbsp;? Comme c'est déjà loin&amp;nbsp;! La nuit maintenant est chaude et douce&amp;nbsp;; j'entends le grand tulipier, qui est sous ma fenêtre, frémir au vent et, quand je lève la tête, je vois la lune se mirer dans la rivière. Tes petites pantoufles sont là pendant que je t'écris&amp;nbsp;; je les ai sous les yeux, je les regarde (...) Il me semble que j'écris mal&amp;nbsp;; tu vas lire ça froidement&amp;nbsp;; je ne dis rien de ce que je veux dire. C'est que mes phrases se heurtent comme des soupirs&amp;nbsp;; pour les comprendre il faut combler ce qui sépare l'une de l'autre&amp;nbsp;; tu le feras, n'est-ce pas&amp;nbsp;? Rêveras-tu à chaque lettre, à chaque signe de l'écriture&amp;nbsp;? Comme moi, en regardant tes petites pantoufles brunes, je songe aux mouvements de ton pied quand il les emplissait et qu'elles en étaient chaudes; Le mouchoir est dedans, je vois ton sang. - Je voudrais qu'il en fut tout rouge.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Croisset, 6 ou 7 août 1846.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;11 heures du soir.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Adieu, je ferme ma lettre. C'est l'heure où, seul et pendant que tout dort, je tire le tiroir où sont mes trésors. Je contemple tes pantoufles, le mouchoir, tes cheveux, ton portrait, je relis tes lettres, j'en respire l'odeur musquée. Si tu savais ce que je sens maintenant !... dans la nuit mon coeur se dilate et une rosée d'amour le pénètre !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mille baisers, mille, partout, partout.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Lecture du soir.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2013/01/19/588-lecture-du-soir" />
  <issued>2013-01-19T12:59:30+01:00</issued>
  <modified>2013-01-19T12:59:30+01:00</modified>
  <id>http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2013/01/19/588-lecture-du-soir</id>
  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Il était temps que cet homme vaste tombât.
L’excessive pesanteur de cet homme dans la destinée humaine troublait l’équilibre. Cet individu comptait à lui seul plus que le groupe universel. Ces pléthores de toute la vitalité humaine concentrée dans une seule tête, le monde montant au...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Il était temps que cet homme vaste tombât.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;L&amp;#8217;excessive pesanteur de cet homme dans la destinée humaine troublait l&amp;#8217;équilibre. Cet individu comptait à lui seul plus que le groupe universel. Ces pléthores de toute la vitalité humaine concentrée dans une seule tête, le monde montant au cerveau d&amp;#8217;un homme, cela serait mortel à la civilisation si cela durait. Le moment était venu pour l&amp;#8217;incorruptible équité suprême d&amp;#8217;aviser. Probablement les principes et les éléments, d&amp;#8217;où dépendent les gravitations régulières dans l&amp;#8217;ordre moral comme dans l&amp;#8217;ordre matériel, se plaignaient. Le sang qui fume, le trop-plein des cimetières, les mères en larmes, ce sont des plaidoyers redoutables. Il y a, quand la terre souffre d&amp;#8217;une surcharge, de mystérieux gémissements de l&amp;#8217;ombre, que l&amp;#8217;abîme entend.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Napoléon avait été dénoncé dans l&amp;#8217;infini, et sa chute était décidée.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Il gênait Dieu.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Les Misérables, Victor Hugo&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt; ... que cet homme vaste tombât&lt;/em&gt; m'évoque les &lt;em&gt;vastes oiseaux&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;les gouffres amers&lt;/em&gt; chères à Baudelaire, Léon Bloy.&lt;br /&gt;
L&amp;#8217;occurrence n'est pas comme commune et si j'en crois Google-Livres  on la retrouve chez Dostoïevski - &lt;em&gt;L'homme russe est un homme vaste, vaste comme sa terre, terriblement enclin à tout ce qui est fantastique et désordonné&lt;/em&gt; - et chez K. Gibran - &lt;em&gt;L'homme vaste dans lequel vous n'êtes tous que des cellules et des tendons (...) C'est dans l'homme vaste que vous êtes vastes&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
Vaste qualifie le plus souvent une étendue ou alors des essences plus subtiles capables de se déployer&amp;nbsp;: l'esprit, le génie, l'ambition, l'intelligence...&lt;br /&gt;
Corneille  dans sa traduction de l'Imitation de Jésus-Christ (1651 -1656) l'utilise cependant pour décrire l'éléphant, objet fini s'il en est &lt;em&gt;...et du vaste éléphant la masse épouvantable...&lt;/em&gt; Mais le sens ici est celui d'imposant.&lt;br /&gt;
La beauté de la formule hugoliene tient en partie de la juxtaposition de l'idée de la finitude de l'homme avec celle  d'infini contenue dans vaste (on peut noter qu'Hugo ne respecte pas la règle la plus commune qui est celle de l'antéposition) et l'on reconnait l'un des traits caractéristiques du style de l'auteur des Misérables.&lt;br /&gt;
Mais il me semble qu'Hugo va encore plus loin puisque dans le même temps il opère à un retournement. A l'homme il associe l'infini et à vaste la notion de bornes. Cette opération s'effectue grâce à un travail sur la sonorité. Au e muet de homme, il oppose le redoublement de la dentale&amp;nbsp;: vas&lt;strong&gt;te&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;to&lt;/strong&gt;mbât (toute la phrase est parcourue par une allitération en t).&lt;br /&gt;
L'homme et plus particulièrement le grand homme  (on est là proche des conceptions développées par L. Bloy) est celui qui au moment même où il est dépouillé atteint à la grandeur. L'homme vaste est celui qui nait de son propre effacement&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Napoléon avait été dénoncé dans l&amp;#8217;infini, et sa chute était décidée.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Ombre et lumière.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2013/01/05/586-xxx" />
  <issued>2013-01-05T17:23:14+01:00</issued>
  <modified>2013-01-05T17:23:14+01:00</modified>
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  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Caravage - Le reniement de Saint Pierre (1610)
Cependant Pierre étant en bas dans la cour, une des servantes du grand-prêtre y vint;
et l'ayant vu qui se chauffait, après l'avoir considéré, elle lui dit : Vous étiez aussi avec Jésus de Nazareth.
Mais il le nia, en disant : Je ne le...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/images/08FRAME_SPAN-articleLarge-v3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Caravage - Le reniement de Saint Pierre (1610)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Cependant Pierre étant en bas dans la cour, une des servantes du grand-prêtre y vint;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;et l'ayant vu qui se chauffait, après l'avoir considéré, elle lui dit&amp;nbsp;: Vous étiez aussi avec Jésus de Nazareth.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mais il le nia, en disant&amp;nbsp;: Je ne le connais point, et je ne sais pas ce que vous dites.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Marc 14. 66-68 (Traduction Le Maistre de Sacy).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;...et Pierre le suivait de loin.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Or ces gens ayant allumé un feu au milieu de la cour, et s'étant assis autour, Pierre s'assit aussi parmi eux.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Une servante qui le vit assis devant le feu, le considéra attentivement, et dit&amp;nbsp;: Celui-ci était aussi avec cet homme.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mais Pierre le renonça, en disant&amp;nbsp;: Femme je ne le connais point.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Luc 22. 54-57 (Traduction Le Maistre de Sacy).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La servante au centre de la toile, elle désigne Pierre de deux doigts affirmatifs qui se veulent dénonciateurs&amp;nbsp;: Lui aussi était avec l'homme.&lt;br /&gt;
A gauche, le garde montre l&amp;#8217;apôtre d'un doigt (2+1=3). Il est interrogatif&amp;nbsp;: Est-ce toi, est-ce vrai ?&lt;br /&gt;
A droite, Pierre dans une attitude de reniement, les mains retournées contre la poitrine, le front ridé par ce qui est de la peur. Attitude de lâche, il lui faut sauver sa peau&amp;nbsp;: Moi, non, il y a méprise !&lt;br /&gt;
Le tableau est sombre. La lumière vient de la gauche (elle n'émane pas du feu que l'on devine dans le fond du tableau), on ne sait d'où&amp;nbsp;? Elle renforce l'expression de Pierre. On distingue mal le soldat, le métal de son armure capte un rayon lumineux. Son corps fait écran, plongeant la servante dans la pénombre à l'exception de ses yeux.&lt;br /&gt;
D'abord le regard est attiré par la présence de l'apôtre, puis il se déplace vers la servante. Elle ne dévisage pas Pierre mais ne regarde pas non plus le soldat. Elle semble regarder au-delà, perdue dans une sorte de rêverie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après avoir rencontré Monseigneur Myriel et s'être fait pardonner le vol des couverts d'argent que l&amp;#8217;évêque lui donnera  - &lt;em&gt;Jean Valjean, mon frère, vous n&amp;#8217;appartenez plus au mal, mais au bien. C&amp;#8217;est votre âme que je vous achète&amp;nbsp;; je la retire aux pensées noires et à l&amp;#8217;esprit de perdition, et je la donne à Dieu&lt;/em&gt; - Jean Valjean vole une pièce à un jeune vagabond à peine âgé d'une dizaine d'années. Il prend alors conscience de la gravité de son acte.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Quoi qu&amp;#8217;il en soit, cette dernière mauvaise action eut sur lui un effet décisif&amp;nbsp;; elle traversa brusquement ce chaos qu&amp;#8217;il avait dans l&amp;#8217;intelligence et le dissipa, mit d&amp;#8217;un côté les épaisseurs obscures et de l&amp;#8217;autre la lumière, et agit sur son âme, dans l&amp;#8217;état où elle se trouvait, comme de certains réactifs chimiques agissent sur un mélange trouble en précipitant un élément et en clarifiant l&amp;#8217;autre.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Ombre et lumière.&lt;br /&gt;
Puis.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Son cerveau était dans un de ces moments violents et pourtant affreusement calmes où la rêverie est si profonde qu&amp;#8217;elle absorbe la réalité. On ne voit plus les objets qu&amp;#8217;on a devant soi, et l&amp;#8217;on voit comme en dehors de soi les figures qu&amp;#8217;on a dans l&amp;#8217;esprit.&lt;/em&gt;
&lt;em&gt;Il se contempla donc, pour ainsi dire, face à face, et en même temps, à travers cette hallucination, il voyait dans une profondeur mystérieuse une sorte de lumière qu&amp;#8217;il prit d&amp;#8217;abord pour un flambeau.&lt;/em&gt;
Cette lumière c'est celle de l'évêque.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Par un de ces effets singuliers qui sont propres à ces sortes d&amp;#8217;extases, à mesure que sa rêverie se prolongeait, l&amp;#8217;évêque grandissait et resplendissait à ses yeux, Jean Valjean s&amp;#8217;amoindrissait et s&amp;#8217;effaçait. À un certain moment il ne fut plus qu&amp;#8217;une ombre. Tout à coup il disparut. L&amp;#8217;évêque seul était resté.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Il remplissait toute l&amp;#8217;âme de ce misérable d&amp;#8217;un rayonnement magnifique.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ce que voit la servante au delà du tableau, c'est la Lumière.&lt;br /&gt;
Ce que peint ici Caravage, ce n'est ni plus ni moins que l'instant d'une conversion.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Epigramme.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2012/11/28/585-epigramme" />
  <issued>2012-11-28T19:45:03+01:00</issued>
  <modified>2012-11-28T19:45:03+01:00</modified>
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  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Je crée un groupe parlementaire Rassemblement-UMP (RUMP). Ce à quoi M. Copé pourrait répondre, à la manière de Martial : Rumpatur, quisquis rumpitur invidia (Puisse-t-il crever celui qui crève de jalousie).
Je signale aux éventuels partisans de M. Copé qui traineraient par ici (sait-on...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.antibealibris.com/img/1433.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je crée un groupe parlementaire Rassemblement-UMP (RUMP)&lt;/em&gt;. Ce à quoi M. Copé pourrait répondre, à la manière de Martial&amp;nbsp;: Rumpatur, quisquis rumpitur invidia (Puisse-t-il crever celui qui crève de jalousie).&lt;br /&gt;
Je signale aux éventuels partisans de M. Copé qui traineraient par ici (sait-on jamais) ou à ceux qui connaitraient des gens qui etc... que je suis prêt à monnayer ma blaguounette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rumpitur invidia, quidam, carissime Juli,&lt;br /&gt;
Quod me Roma legit&amp;nbsp;; rumpitur invidia.&lt;br /&gt;
Rumpitur invidia, quod turba semper in omni &lt;br /&gt;
Monstramur digito&amp;nbsp;; rumpitur invidia. &lt;br /&gt;
Rumpitur invidia, tribuit quod Caesar uterque &lt;br /&gt;
lus mihi natorum&amp;nbsp;; rumpitur invidia. &lt;br /&gt;
Rumpitur invidia , quod rus mihi dulce sub urbe est ,&lt;br /&gt;
Parvaque in urbe domus; rumpitur invidia. &lt;br /&gt;
Rumpitur invidia, quod sumr jucundus amicis, &lt;br /&gt;
Quod conviva frequens&amp;nbsp;; rumpitur invidia. &lt;br /&gt;
Rumpitur invidia, quod amamur, quodque probamur. &lt;br /&gt;
Rumpatur, quisquis rumpitur invidia. &lt;br /&gt;
Martial, Lib.IX, epigr.98 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;XCVIII. - A JULIUS&lt;br /&gt;
Certain personnage crève de jalousie, mon cher Julius, de ce que Rome lit mes vers, il crève de jalousie. Il crève de jalousie de ce que partout on me signale du doigt, il crève de jalousie. Il crève de jalousie de ce que deux Césars m'ont reconnu les droits d'un père de trois enfants, il crève de jalousie. Il crève de jalousie de ce que j'ai une charmante maison de campagne aux portes de la ville et un pied-à-terre à la ville, il crève de jalousie. Il crève de jalousie de ce que je suis chéri de mes amis et de ce qu'on m'invite souvent à souper, il crève de jalousie. Il crève de jalousie de ce qu'on m'aime et m'applaudit. Puisse-t-il crever celui qui crève de jalousie&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>L'enfance et la vie.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2012/10/22/584-l-enfance-et-la-vie" />
  <issued>2012-10-22T14:30:09+02:00</issued>
  <modified>2012-10-22T14:30:09+02:00</modified>
  <id>http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2012/10/22/584-l-enfance-et-la-vie</id>
  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Hier soir j'ai ressorti, je ne sais trop pourquoi, La Guerre et la paix, la vieille édition des années 60 du Livre de poche  avec la préface de Brice Parain.
Tolstoï a aimé son enfance. C'est peut-être une condition pour qu'ensuite on puisse vraiment se sentir d'accord avec la vie. On dirait qu'il...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://csimg.webmarchand.com/srv/FR/2801594678504/T/340x340/C/FFFFFF/url/la-guerre-et-la-paix-tome-1.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Hier soir j'ai ressorti, je ne sais trop pourquoi, &lt;em&gt;La Guerre et la paix&lt;/em&gt;, la vieille édition des années 60 du Livre de poche  avec la préface de Brice Parain.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Tolstoï a aimé son enfance. C'est peut-être une condition pour qu'ensuite on puisse vraiment se sentir d'accord avec la vie. On dirait qu'il faut y avoir cru à l'âge où l'on croit. Sinon la confiance ne peut plus être aussi pleine.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Je crois avoir aimé mon enfance.&lt;br /&gt;
Longtemps je ne suis guère allé plus loin que les premiers chapitres du roman de Tolstoï non que je n'aimasse pas cela mais pour des raisons strictement opposées.&lt;br /&gt;
Je ne pouvais m'empêcher de m'arrêter et de relire le portrait du prince Vassili (et ce n'est là qu'un exemple). Sa voix &lt;em&gt;où sous la politesse et la sympathie perçaient l'indifférence et même l'ironie.&lt;/em&gt; La façon qu'il avait de s'exprimer avec &lt;em&gt;indolence comme un acteur qui récite un rôle connu depuis longtemps.&lt;/em&gt; Sa faculté de comprendre à demi-mot&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Le Prince Vassili  ne répondit pas, quoique avec la vivacité d'esprit et la mémoire des gens du monde il indiquât d'un signe de tête qu'il avait pris note de ces indications.&lt;/em&gt; Ce geste que le narrateur lui même ne peut que trouver curieux, alors qu'il remercie sa chère Annette: &lt;em&gt;Écoutez chère Anette dit le prince en prenant soudain la main de son interlocutrice et en la tirant, Dieu sait pourquoi, vers le bas.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Ce qui m'arrêtait (j'ai tout de même fini par lire le roman dans son intégralité) c'était, je le pense, cette trop grande présence des personnages. Ce sentiment d'étouffement que je ressentais, il avait pour origine un trop plein de vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hier soir je n'ai lu que le premier chapitre&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Bile noire.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2012/10/10/582-melancolie" />
  <issued>2012-10-10T10:49:25+02:00</issued>
  <modified>2012-10-10T10:49:25+02:00</modified>
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  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Godard - Dans le noir du temps 

- Votre pensée s'est construite autour de pôles contraires, comme l'action et la réaction, la transparence et l'obstacle, ou le remède et le mal. Quel mot serait le pendant de la mélancolie ?
- La présence. Car la mélancolie, fondamentalement, c'est l'absence....</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;iframe frameborder=&quot;0&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;360&quot; src=&quot;http://www.dailymotion.com/embed/video/x1idxa&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x1idxa_godard-dans-le-noir-du-temps_shortfilms&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Godard - Dans le noir du temps&lt;/a&gt; &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/MisterNatural&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Votre pensée s'est construite autour de pôles contraires, comme l'action et la réaction, la transparence et l'obstacle, ou le remède et le mal. Quel mot serait le pendant de la mélancolie ?&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;- La présence. Car la mélancolie, fondamentalement, c'est l'absence. Mais en même temps, le mélancolique en se repliant sur lui-même, peut se réfléchir lui-même...et la mélancolie devenir ainsi miroir de la mélancolie. C'est là que la mélancolie et la littérature se rencontrent. L'écrivain qui s'absente du monde pour écrire, court le risque d'absolutiser son absence, de s'enfermer dans le cachot de la mélancolie. Mais dans une sorte de dialectique, grâce à l'encre quelque chose ne disparaît pas. La littérature en ce sens est présence.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Jean Starobinski jette un oeil sur l'enregistreur posé sur la table.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Ce petit appareil a-t-il retenu ma voix ?&lt;/em&gt;</content>
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  <title>The Smile.</title>
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  <issued>2012-10-04T09:35:00+02:00</issued>
  <modified>2012-10-04T09:35:00+02:00</modified>
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  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>Il est des images dont on sait qu'elles resteront dans le souvenir. Ce photogramme extrait du premier épisode (intitulé The Smile) de la saison 2 de la série Homeland en fait d'ores et déjà partie.
Carrie Mathison (le personnage est interprété par Claire Danes) sourit. Écartée de la CIA, elle a, le...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/images/Carrie.png&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il est des images dont on sait qu'elles resteront dans le souvenir. Ce photogramme extrait du premier épisode (intitulé The Smile) de la saison 2 de la série Homeland en fait d'ores et déjà partie.&lt;br /&gt;
Carrie Mathison (le personnage est interprété par Claire Danes) sourit. Écartée de la CIA, elle a, le temps d'une mission à Beyrouth, finalement été réintégrée sur le terrain. Elle s'est débarrassée de son poursuivant, a su retrouver les gestes d'antan. Elle sourit.&lt;br /&gt;
Mais peut-être est ce aussi l'actrice qui sourit de son bonheur de retrouver son personnage, le corps de celui ci, sa force et ses fêlures.&lt;br /&gt;
Claire Danes sourit.&lt;br /&gt;
Ce sourire est la marque d'une rencontre.&lt;br /&gt;
Comme chacun le sait les scènes de rire (ou d'ivrognerie) au cinéma provoquent le plus souvent un sentiment de gêne, elles nous paraissent toujours trop longues. C'est par leur excès qu'elles pêchent. L'impression que nous en avons est celle que l'acteur va au-delà de son personnage, qu'il, pour reprendre une formule bien connue, en fait trop.&lt;br /&gt;
A l'inverse dans les scènes de pleurs (encore que les mauvaises scènes de pleurs puissent être rangées dans la catégorie décrite ci dessus), il nous semble que l'acteur est débordé par son personnage, qu'il est en-deçà de celui-ci.&lt;br /&gt;
Ni au-delà, ni en-deçà, ce sourire est la marque d'une coïncidence.&lt;br /&gt;
Ce que nous révèle ce sourire fugace (le plan est assez court mais il vient clôturer la séquence) et qui en fait toute la beauté, ce n'est rien de moins qu'une présence.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Carl Schmitt's rules.</title>
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  <issued>2012-10-01T15:10:46+02:00</issued>
  <modified>2012-10-01T15:10:46+02:00</modified>
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  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>A Juliette C.


Je me suis remis au badminton après m'en être abstenu pendant des années. Je ne fus pas cependant surpris lorsque la dédicataire de ce billet nota que son professeur de badminton lui fit une remarque selon laquelle elle jouait comme si elle était à la plage. C'est là une antienne...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.choisybad.fr/Docs/Images/service.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;A Juliette C.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me suis remis au badminton après m'en être abstenu pendant des années. Je ne fus pas cependant surpris lorsque la dédicataire de ce billet nota que son professeur de badminton lui fit une remarque selon laquelle elle jouait comme si elle était à la plage. C'est là une antienne que j'avais maintes fois entendues et pas plus tard que lors de ma séance de reprise. &lt;br /&gt;
Ce lieu-commun badmintonien, comme la plupart des lieux-communs (autre lieu-commun) est aussi le signe d'une vérité.&lt;br /&gt;
A l'inverse des jeux de plage du type raquette, le badminton (dans sa pratique sportive) ne repose pas sur la coopération des adversaires. Jouer aux raquettes sur la plage, c'est chercher à prolonger l'échange, ou plutôt c'est chercher à mettre son partenaire suffisamment en déséquilibre afin qu'il éprouve une certaine difficulté à retourner la balle. Suffisamment mais pas trop. Un joueur qui smasherait à tout va ou ne ferait des lobes se verrait rapidement écarté.&lt;br /&gt;
On retrouve le même principe, certes dans une moindre mesure, dans la pratique du tennis lorsqu'il est pratiqué sur le mode &quot;on fait des balles&quot;. Il s'agit au fond dans les deux cas de valoriser son adversaire.&lt;br /&gt;
Rien de tel au badminton. Les particularités du volant, principalement l'absence de rebond, font que l'échange pourrait durer facilement fort longtemps et le jeu devenir assez lénifiant. Ce dernier ne prend alors tout son sens que lorsque le volant est mis hors de portée de l'adversaire et ce même à l'entrainement.
Rare sport qui s'il est pratiqué sérieusement ne peut se jouer plein-air, le badminton ne se conçoit que sous le mode du rapport antagonique. Le badminton ne voit en l'autre qu'un ennemi.&lt;br /&gt;
On ne &quot;fait pas de volant&quot; au badminton ou pour reprendre une belle formule de Juliette C., on n'y joue pas avec son âme.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Dis c'est quoi l'Amérique ? Tais-toi et écoute !</title>
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  <issued>2012-09-27T12:09:33+02:00</issued>
  <modified>2012-09-27T12:09:33+02:00</modified>
  <id>http://ruinescirculaires.free.fr/index.php?2012/09/27/579-dis-c-est-quoi-l-amerique-tais-toi-et-ecoute</id>
  <author><name>Tlön</name></author>
  <dc:subject>General</dc:subject>
  <summary>...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;iframe width=&quot;420&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/KFO-MrfdlE8&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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